Le lanceur d'alerte
Pourquoi je ne me tais plus
« Je n'ai rien oublié. »

Le basculement
De médecin à lanceur d'alerte
2017 à 2019 — Le constat
Le basculement se fait devant des situations que je ne pouvais plus regarder sans agir : des patients laissés sans suivi, des personnes abandonnées à leur isolement. J'ai mis en place des soins palliatifs et une médecine de garde continue dans le Hainaut, pour qu'il y ait toujours quelqu'un au bout du fil. En 2018, mon élection comme conseiller communal marque le début des difficultés.
2020 à 2022 — L'état de nécessité
Pendant la crise sanitaire, j'ai constaté que des règles empêchaient la prise en charge de patients âgés. J'ai choisi de dépister et de soigner malgré ces blocages, en invoquant l'état de nécessité : un médecin ne peut pas laisser mourir quelqu'un qu'il peut soigner. Cette décision a eu des conséquences, et elle en a toujours.
2023 à aujourd'hui — Aller plus loin
Les procédures se sont enchaînées pendant des années. Je continue, et je porte désormais ce combat au-delà des frontières belges.
Ce que ce combat m'a coûté
Depuis 2018, ce combat s'est accompagné de plaintes, de perquisitions, d'auditions et de procédures. C'est le prix d'une parole qui dérange. Je continue.
Le 25 janvier 2023, le Conseil de déontologie journalistique a constaté des manquements dans la gestion et la modération d'un débat télévisé au cours duquel des affirmations me mettant en cause n'ont été ni vérifiées ni mises à distance, sans qu'un droit de réponse me soit proposé.
Mon serment
Quatre serments, un seul fil
1990
Médecin, j'ai juré fidélité à la Vie, à la Dignité, à la Santé et au Serment d'Hippocrate.
2017
Après le drame intime qui a frappé ma famille, j'ai étendu cet engagement à la défense des personnes les plus vulnérables.
2018
Conseiller communal de Mons, j'ai prêté allégeance au Roi, à la Constitution et aux Lois du peuple belge.
2025
Médecin lanceur d'alerte, j'ai juré de mener ce combat jusqu'à mon dernier souffle.
En mémoire
En mémoire de ceux que j'ai connus, soignés et accompagnés, et de ceux que je n'ai pas pu sauver.
Mon combat n'est pas une théorie. Il porte des visages. Ceux que je n'ai pas pu sauver, et ceux que nous avons sortis d'affaire à temps. Ce sont eux qui dictent mon serment.
Le 4 octobre 2017, mon frère Dimitri a mis fin à ses jours. Il avait 49 ans.
C'est de là que tout est parti. Ce que j'ai compris ce jour-là, c'est qu'une personne peut s'éteindre lentement, sous les yeux de tous, sans que rien ne s'enclenche.
Depuis, je porte ce combat pour ceux que je n'ai pas pu aider, et pour ceux qu'il est encore temps d'aider.
Et à ma grand-mère Jeanne, qui m'a aimé, aidé, élevé et protégé.
Je n'ai rien oublié.
Si vous traversez une période difficile, le Centre de Prévention du Suicide est joignable gratuitement au 0800 32 123, 24h sur 24.