Vous avez remarqué quelque chose qui vous met mal à l'aise. Vous hésitez à en parler, de peur de vous tromper ou d'aggraver la situation. C'est une réaction normale. Cette page vous explique ce qui doit vous alerter, ce que la loi vous garantit, et quoi faire, dans le bon ordre. Prenez le temps de la lire. Vous n'êtes pas seul.
En cas de danger immédiat pour la vie ou la sécurité d'une personne, appelez le 112. Pour joindre la police, composez le 101. Cette page ne remplace pas les services d'urgence.
Un examen complet, prenant le temps nécessaire : c'est souvent là que les signes apparaissent.
Reconnaître les signes
Ce qui doit vous alerter
La maltraitance est rarement spectaculaire. Elle est le plus souvent faite de petites choses qui s'accumulent. Voici les signes qui méritent votre attention.
Négligence et manque de soins
Les besoins de base ne sont plus assurés correctement.
Plaies ou escarres qui apparaissent et ne sont pas soignées
Perte de poids que personne n'explique
Signes de déshydratation qui reviennent
Hygiène du corps ou des vêtements qui se dégrade
Somnolence inhabituelle et permanente, sans explication médicale claire
Violences physiques
Des marques que rien ne justifie.
Bleus à des endroits inhabituels, notamment des marques de doigts sur les bras
Plaies ou fractures sans explication cohérente
Utilisation de moyens d'attache ou de contention sans prescription
Souffrance psychologique
Ce qui se voit dans le comportement plus que sur le corps.
Votre proche reste enfermé dans sa chambre, sans raison
On lui parle comme à un enfant
Il se tait, se replie, ou devient anxieux quand certaines personnes entrent
Ses visites sont découragées ou compliquées
Atteintes aux biens et aux droits
Ce qui touche à son autonomie et à son argent.
Des objets ou de l'argent disparaissent
On lui demande de signer des documents ou une procuration
On vous décourage de venir le voir
On lui refuse de garder son médecin traitant
Un seul de ces signes ne prouve rien. Plusieurs ensemble, ou un signe qui revient, méritent que vous posiez des questions et que vous notiez ce que vous voyez.
Connaître vos droits
Ce que la loi vous garantit
En Belgique, la loi du 22 août 2002 relative aux droits du patient protège votre proche, et vous donne des moyens d'agir. Beaucoup de familles l'ignorent.
1Article 6
Il choisit son médecin
Un établissement ne peut pas imposer son propre médecin ni interdire à votre proche de garder son médecin traitant, ou de demander un deuxième avis. Ce choix lui appartient.
2Article 7
Il doit être informé
Votre proche a le droit de comprendre son état de santé et les soins qu'on lui propose, dans des mots qu'il peut saisir. Si son état ne le lui permet plus, cette information revient à son représentant.
3Article 8
Il doit donner son accord
Aucun soin ne peut être donné sans son consentement libre. Il peut aussi refuser ou retirer son accord.
4Article 9
Vous pouvez consulter son dossier
Votre proche, ou son représentant, a le droit de consulter le dossier de soins et d'en obtenir une copie : notes d'observation, relevés de médication, feuilles de suivi. C'est souvent la pièce la plus importante quand un doute existe.
Un refus de vous donner accès au dossier, ou d'accepter le médecin de votre choix, n'est pas une simple question d'organisation interne. C'est une question de droit.
Savoir quoi faire
Quoi faire, dans le bon ordre
La première réaction est souvent d'aller demander des explications sur le moment. C'est humain, mais c'est rarement efficace : une conversation dans un couloir ne laisse aucune trace. Voici comment procéder.
Étape 1
Écrivez tout, dès maintenant
Notez la date, l'heure, ce que vous avez vu, ce qui a été dit et qui était présent. Faites-le le jour même, tant que c'est précis. Ce carnet deviendra votre meilleure ressource.
Étape 2
Passez à l'écrit avec l'établissement
Envoyez vos questions par courrier ou par e-mail, même si vous en avez déjà parlé de vive voix. Demandez une réponse écrite. Gardez une copie de tout.
Étape 3
Demandez le dossier de soins
C'est un droit. Formulez la demande par écrit. Le dossier permet de vérifier ce qui a réellement été fait, et quand.
Étape 4
Sollicitez la médiation
Passez par la médiation interne de l'établissement ou le conseil des résidents pour faire acter le problème et demander des mesures. Demandez que la réponse soit écrite.
Étape 5
Saisissez les autorités si rien ne change
Si la situation ne bouge pas, adressez-vous aux organismes officiels de la section suivante. En cas de faits pouvant relever du pénal, vous pouvez déposer plainte à la police.
Si vous photographiez des lésions, faites-le avec l'accord de votre proche quand il peut le donner, et sans jamais photographier d'autres résidents.
Où trouver de l'aide
À qui vous adresser
Ces services sont indépendants de moi. Certains sont gratuits et anonymes. N'hésitez pas à les appeler, même si vous n'êtes sûr de rien.
Respect Seniors — Wallonie
Agence wallonne de lutte contre la maltraitance des aînés. Écoute gratuite, anonyme et couverte par le secret professionnel, pour les aînés comme pour leurs proches.
Ligne d'aide gratuite et anonyme pour toutes les formes de violence et de maltraitance, y compris envers les personnes âgées. Ouverte aux victimes comme aux proches inquiets. Service en néerlandais.
Pour un accompagnement en néerlandais à Bruxelles : Brussels Meldpunt Ouderenmis(be)handeling, 02 511 91 20.
AViQ (Wallonie) et Iriscare (Bruxelles)
Ce sont les autorités qui contrôlent et inspectent les établissements d'hébergement pour aînés. C'est à elles qu'un manquement structurel doit être signalé.
Service de médiation fédéral « Droits du patient »
À saisir quand la loi du 22 août 2002 n'est pas respectée : refus de communiquer le dossier, entrave au libre choix du médecin.
Justice de paix
Compétente pour la désignation d'un administrateur chargé de protéger les biens et la personne de votre proche.
Police et parquet
Pour des faits pouvant relever du droit pénal. En cas de danger immédiat, le 112.
Vous êtes un professionnel de la santé ou de l'aide ?
Si vous êtes soignant, aide-familiale ou travailleur social et que vous êtes confronté à une situation de maltraitance d'une personne âgée, des centres de soutien vous sont dédiés.
Wallonie et Bruxelles : Respect Seniors et Écoute Seniors accueillent aussi les professionnels.
Flandre : VLOCO, le centre flamand d'appui sur la maltraitance des aînés, réservé aux professionnels. 078 15 15 70
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